vendredi 13 mai 2011

La face cachée du Brésil : les favelas


Bon, j'en avais envie, nous l'avons fait.. On a choisi une favela de renom, pas n'importe laquelle! Santa Marta..! Pacifiée depuis 2008 cette favela n'est en fait qu'une forme de quartier résidentiel... on peut voir les choses comme cela! Car désormais, en haut de la colline de Dona Marta, une police spéciale est installée. La Police Pacifique. Des unités spéciales sont formées pour trôner dans ces quartiers défavorisés. Mais ça ne s'arrête pas là, cette favela est particulière. Outre le fait qu'elle est lovée au creux du mont Corcovado, des artistes l'ont animée. Une forme d'art de rue si on veut. L'objectif est de raviver la Favela, d'en faire une oeuvre d'art. Ainsi, au pied de la favela, la Praça Cantão offre ses maisons colorées, c'est un vrai tableau. Les gamins courent, les habitants se retrouvent pour boire un verre et nous accueillent gentiment : "Fica vontade". Ici ça signifie, bienvenue, faites comme chez vous. Très agréable quand on arrive alors ici, avec un petit noeud dans le ventre tout de même. On est là, au pied de se monticule de maisons agglomérées, et on se demande si on va finir par monter.. Se sentant un peu voyeuristes, et puis l'envie prend le dessus, alors on y va. Aujourd'hui le funiculaire qui monte au sommet est en manutention, alors si l'on veut admirer la vue, pas le choix, faut prendre ses jambes et grimper grimper grimper...
La balade vaut le détour.. Je crois que tout le monde a senti quelque chose dans son ventre.. Les rues sont si étroites, les égouts, pour ce qu'ils valent, font dévaler les eaux chargées de matière non identifiée.. Et puis par endroit, ça déborde. Les maisons, toutes ouvertes sur l'extérieur laissent entrevoir leurs pièces. Ce qui est intriguant, c'est que certaines sont plutôt bien meublées, tables cirées, carrelages, meubles, télévisions bon marché.. D'autre par ailleurs n'offrent qu'un toit, et un canapé face au mur.. C'est assez prenant, on monte, on est là, on entrevoit, on ne veut pas faire mine d'observer mais nos regards s'immiscent contre notre gré.. Les habitants aussi se baladent, ils sont assez accueillants.. Rétissants pour certains, mais un bonjour et ils se dérident, et puis, cette forme de tourisme, c'est ce qui leur offre une vie meilleure en un sens.. Ils ne sont pas sous le joux des gangs, et des armes à feu. Les enfants animent les ruelles, dévalent s'appellent à travers la favela. Le petit Raphael était là ce jour là, avec ses affaires tachées, sans baskets, il a rejoint le terrain de foot tout en haut pataugeant dans l'eau insalubre des escaliers.. Lui, il s'en fiche, il a toujours connu ça. Et moi je suis là, avec mes sandales, prenant soin d'éviter les flaques de je ne sais quoi.. Ca vous remets à votre place très vite.. Enfin, une fois arrivé en haut, on apprécie la vue. D'ici, Rio semble différent. Déjà parce que le premier plan, c'est la favela elle même qui dévale la pente, et derrière, c'est le Rio de Copacabana et d'Ipanema, pas besoin de faire un tableau. Ici à Santa Marta, ils voient le Corcovado de dessous, et cette vue, on ne leur prendra jamais.. On ne leur prendra jamais, car seuls les habitants des favelas ont trouvé le moyens de construire aussi densément dans ces pentes escarpées.. C'est poétique ici en un sens, et les cris des gamins qui jouent au ballon-prisonnier ça arrête le temps.. 
Et puis, très vite, on redescend par l'autre versant de la colline, une vue incroyable encore, et puis le quartier de laranjeira, et le ronron de la ville reprend. Finalement dans les favelas pacifiées, c'est plus calme qu'en ville!


















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